Un artisan liégeois du secteur de la métallurgie fine, 61 ans, nous contacte au printemps 2025. Décision prise : vendre. Deux acquéreurs potentiels identifiés, aucune préparation juridique. Il pensait boucler l'affaire "en quelques semaines". La cession a finalement pris sept mois — et lui a rapporté <strong>28 % de plus</strong> que sa première estimation.
La situation de départ
Une SRL détenant un fonds de commerce, un atelier en location commerciale, cinq salariés, un chiffre d'affaires stable autour de 480 000 €, une clientèle B2B fidèle mais peu formalisée (peu de contrats-cadres, beaucoup de bons de commande récurrents).
Les deux acquéreurs potentiels étaient tous deux dans le secteur : un concurrent direct plus grand, et un ancien collaborateur qui voulait s'installer. Le prix "de comptoir" avancé par les deux : autour de 220 000 €, correspondant à environ 1,5 année d'EBITDA.
Ce que l'audit préparatoire a révélé
Trois zones à retravailler avant d'ouvrir toute négociation formelle :
Le bail commercial : il expirait dans dix-huit mois, sans droit au renouvellement automatique clairement établi. Un acquéreur informé aurait négocié le prix à la baisse en tablant sur ce risque. Nous avons obtenu du bailleur une prolongation formalisée de neuf ans, avec option d'achat sur le local — ce qui a directement valorisé le fonds.
Les relations clients : sept des dix principaux clients (soit 60 % du CA) commandaient sans contrat-cadre, sur simple habitude. La cession du fonds ne transmet pas automatiquement la relation commerciale. Nous avons mené une campagne discrète de "contractualisation défensive" : proposer aux clients principaux un contrat-cadre de 24 mois "pour formaliser notre partenariat". Six sur sept ont signé. Le fonds cédé a immédiatement gagné en solidité.
Le passif social latent : deux salariés étaient proches de la retraite, avec des indemnités de départ importantes à venir. Un troisième avait un historique conflictuel non résolu. Ces trois situations ont été anticipées et intégrées dans la structure du deal, plutôt que découvertes en due diligence.
La structure de la cession
Nous avons opté pour une cession de parts sociales et non de fonds de commerce — plus favorable fiscalement pour le cédant (régime des plus-values sur parts), et permettant à l'acquéreur de reprendre en continuité l'ensemble des relations (bail, clients, salariés).
Prix négocié final : 282 000 €, payable pour 210 000 € comptant et 72 000 € en earn-out sur 24 mois indexé sur le maintien du CA. Garantie d'actif et de passif classique, plafonnée à 30 % du prix, durée deux ans.
Les trois pièges évités
Premier : ne pas partir sans plan sur une négociation orale entre professionnels du même secteur. Un cadre juridique préparé change immédiatement le rapport de force.
Deuxième : ne pas confondre valeur comptable et valeur de marché. Le fonds a été valorisé sur sa capacité à générer du cash pour l'acquéreur, pas sur ses actifs comptables. C'est la préparation contractuelle (bail, clients, salariés) qui a permis cette valorisation, pas la fiscalité.
Troisième : ne pas négliger la temporalité. Un cédant pressé cède 15 à 25 % de son prix. Sept mois de préparation ont valu, pour ce dossier, environ 60 000 € de valorisation supplémentaire.
Le coût de la mission
Environ 12 000 € tout compris, forfait mensuel Excellence + honoraires spécifiques sur la négociation. Sur un gain de 60 000 € par rapport au premier scénario, le retour parle de lui-même. Mais l'essentiel n'est pas là : le dirigeant a quitté son entreprise dans les termes qu'il voulait, sans conflit, avec un successeur choisi et une clientèle rassurée. C'est ce type d'issue qu'un accompagnement juridique construit permet.